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Photographier un bien immobilier avec son téléphone

La lumière, la hauteur, les murs droits, l'ordre des pièces et la retouche honnête : tout ce qu'il faut pour photographier un bien immobilier avec un téléphone.

Publié le · 5 min de lecture

La plupart des annonces immobilières sont photographiées au téléphone, entre deux visites, et ça se voit. Pas parce que le téléphone est mauvais : les capteurs actuels suffisent largement pour une annonce. Ce qui manque, ce sont une dizaine de gestes que les photographes font sans y penser.

Je les ai rassemblés ici en construisant Maiso, mon logiciel de retouche photo immobilière. Tout ce qui suit fonctionne sans lui : une bonne photo de départ reste la meilleure retouche possible.

Préparer la pièce avant de sortir le téléphone

C’est l’étape la plus rentable, et la plus souvent sautée. Une pièce se range en cinq minutes, une photo encombrée ne se rattrape jamais complètement.

  • Dégager les surfaces. Plans de travail, tables, tables de nuit, rebord de baignoire : on ne garde qu’un ou deux objets, pas plus.
  • Faire disparaître la vie quotidienne. Torchons, brosses à dents, poubelles, chargeurs, tapis de bain, aimants sur le frigo.
  • Ouvrir tout ce qui peut s’ouvrir. Volets, rideaux, stores. La lumière du jour est la meilleure lumière d’une annonce.
  • Allumer toutes les lampes. Même en plein jour, elles remplissent les coins sombres et donnent de la chaleur.
  • Fermer les toilettes, tirer les draps, aligner les chaises. Ce sont les détails que l’œil remarque en premier.

Photographier un bien immobilier : les réglages qui comptent

Il n’y a presque rien à régler sur un téléphone, mais trois choses font toute la différence.

Tenir le téléphone parfaitement droit. C’est le défaut numéro un des photos d’annonce : dès qu’on penche le téléphone vers le bas ou vers le haut, les murs se mettent à converger et la pièce a l’air de tomber. Activez la grille de l’appareil photo et alignez une ligne verticale sur l’angle d’un mur ou le montant d’une porte.

Photographier à hauteur de poitrine. Entre 1,20 et 1,50 mètre environ. Plus haut, on voit trop de sol et les meubles rapetissent. Plus bas, on voit trop de plafond. À hauteur de poitrine, la pièce ressemble à ce qu’on voit en entrant.

Rester en format paysage. Les portails d’annonces affichent des photos horizontales. Une photo verticale y perd la moitié de sa surface.

Pour le reste, laissez faire le téléphone : HDR automatique, mise au point automatique. Si une fenêtre brûle complètement, touchez l’écran sur la zone la plus claire puis baissez légèrement l’exposition avec le curseur.

Le grand-angle, avec modération

Le mode 0,5× des téléphones est tentant : il fait entrer toute la pièce dans l’image. Mais il déforme les bords, étire les meubles et fait paraître une chambre plus grande qu’elle n’est. L’acheteur s’en rend compte à la visite, et c’est une mauvaise surprise qu’on lui a préparée.

Ma règle : 1× par défaut, 0,5× seulement pour les petites pièces qu’on ne peut pas montrer autrement, comme une salle d’eau ou un couloir. Et dans ce cas, redoublez d’attention sur les verticales, que le grand-angle exagère.

Où se placer dans la pièce

On photographie depuis un angle de la pièce, en visant l’angle opposé. Cela montre deux murs et donne de la profondeur. Face à un mur, la photo est plate.

Deux ou trois photos par pièce principale suffisent : une vue d’ensemble depuis l’entrée, une vue depuis l’angle opposé, et éventuellement un détail qui vend (une cheminée, une verrière, une vue). Pour les pièces secondaires, une seule photo bien cadrée vaut mieux que trois moyennes.

L’ordre des photos compte aussi. Commencez par la pièce la plus forte, souvent le séjour ou l’extérieur, pas par l’entrée. La première photo décide du clic.

Le bon moment de la journée

Pour l’intérieur, le milieu de journée évite les rayons de soleil durs qui dessinent des taches sur le sol. Pour l’extérieur, cherchez le moment où le soleil éclaire la façade, et non celui où il est derrière la maison : une façade à contre-jour sort noire.

Un ciel gris n’est pas rédhibitoire pour l’intérieur. Pour l’extérieur, il l’est davantage, et c’est l’un des rares cas où une retouche est vraiment utile.

Cuisine photographiée au téléphone, avant retouche : pièce sombre, plans de travail encombrés

Retoucher sans tromper l’acheteur

Une fois les photos prises, la retouche fait le reste : ouvrir la lumière, redresser les murs qui penchent encore, remettre les blancs à leur place, effacer un objet oublié. Personne ne reproche à une annonce d’être lumineuse.

La limite, c’est de montrer un bien qui n’existe pas. Je la trace en trois niveaux :

NiveauCe qui changeCe qu’il faut dire
CorrectionLumière, verticales, couleurs, objet retiré. Le bien n’a pas changé.Rien
EmbellissementUn ciel bleu, une pelouse existante plus verte, l’eau d’une piscine.Rien
SimulationPièce vidée ou meublée, murs repeints, sol changé.Le signaler sur la photo

Le home staging virtuel entre dans la troisième catégorie. Il est très utile pour montrer le potentiel d’une pièce vide, à condition d’écrire clairement sur la photo qu’il s’agit d’une simulation. Une photo retouchée qui induit l’acheteur en erreur peut constituer une pratique commerciale trompeuse, et surtout elle ruine la confiance dès la première visite.

La même cuisine après retouche : lumière ouverte, murs droits, plans de travail dégagés

C’est exactement ce que fait Maiso : Sublimer corrige la lumière, les verticales, les couleurs et le détail en un seul passage, Épurer retire le désordre, et toute simulation porte la mention « Simulation » à l’export. L’original n’est jamais écrasé.

La liste à garder dans sa poche

  1. Ranger, ouvrir les volets, allumer toutes les lampes.
  2. Activer la grille de l’appareil photo.
  3. Format paysage, hauteur de poitrine, téléphone bien droit.
  4. Zoom 1× par défaut, 0,5× seulement pour les petites pièces.
  5. Depuis un angle, vers l’angle opposé. Deux ou trois photos par pièce principale.
  6. La façade quand le soleil l’éclaire.
  7. Retoucher la lumière et les verticales, signaler toute simulation.
  8. Ouvrir l’annonce sur la pièce la plus forte.

Avec ces huit points, un téléphone fait des photos d’annonce tout à fait honorables. La retouche vient ensuite, pour passer d’honorable à remarquable, pas pour sauver une photo ratée.

Écrit par

Teddy

J'ai 37 ans, je vis en Bretagne et je passe mes soirées à concevoir des applications iPhone. J'écris ici ce que j'apprends en les fabriquant, sans enjoliver les parties qui coincent.

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